Bruit

Le bruit est un son complexe produit par des vibrations diverses, fréquemment amorties et qui ne sont pas des harmoniques.



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Définitions :

  • Au sens strict du terme, le «bruit» sert à désigner tout son non désiré et fait référence aux situations où la personne susceptible d'en pâtir n'écoute pas de manière intentionnelle.... (source : copublications.greenfacts)
White noise.ogg
Bruit blanc
Pink noise.ogg
Bruit rose

Le bruit est un son complexe produit par des vibrations diverses, fréquemment amorties et qui ne sont pas des harmoniques[1].

Étymologie et synonymes

Étymologie

Le mot bruit vient du verbe bruire qui veut dire «faire entendre un son, un murmure confus». Bruire vient du latin «brugitum», participe passé du latin populaire «brugere» qui a pour traduction «il brame». Dans ce cas, le verbe bramer est le cri du cerf, du chevreuil ou du daim. «Brugere» est l'association du latin classique «rugire» (rugir) et «bragere» (braire). Au XIIème siècle, le bruit veut dire «renommée» ou «éclat» au sens figuré et «son de voix» au sens propre[2].

Synonymes

"Bruit" graphique
  1. bruit court et intense : déflagration, détonation, éclat, explosion
  2. bruit fort et prolongé : fracas, hurlement, vocifération
  3. bruit doux : gargouillement, bruissement, frôlement, gazouillement, murmure
  4. origine utilisée pour désigner le bruit : clapotage, crépitation, babil, pépiement, ronronnement, souffle, cri, gémissement, grognement, ronflement
  5. registre familier : boucan, brouhaha, chahut, tapage

Le bruit d'un point de vue acoustique

Différences entre son et bruit

Le son est la sensation auditive due à une vibration acoustique. On peut distinguer deux faces appropriées au son, premièrement, la face physique c'est-à-dire l'ébranlement, la perturbation dans un milieu matériel élastique, deuxièmement, la face perceptive c'est-à-dire le signal perçu par l'ouïe. Le son est par conséquent un transfert d'énergie dans un milieu élastique qu'on peut résumer en un mot : l'onde.

Le bruit est différencié du son le plus souvent par une sensation désagréable à l'oreille. Il peut aussi se définir comme un signal acoustique, électrique ou électronique constitué d'un mélange incohérent de longueurs d'onde. Il est plus exactement composé de partiels particulièrement nombreux qui peuvent donner un spectre continu. Ce qui fait la différence entre bruit et son, est que la fréquence de vibration du bruit est irrégulière et ne permet par conséquent pas de lui donner une hauteur précise contrairement au son. Le bruit est physiquement caractérisé par son intensité, la présence d'harmoniques non périodiques, de fortes modulations et l'existence de discordances; c'est pourquoi on le trouve désagréable.

Différents types de bruits

0 dB (A) Laboratoire d'acoustique (le niveau de 0 dB (A) n'existe pas dans la nature)
25 dB (A) Conversation à voix basse (à 1, 50 m)
30 dB (A) Chambre à coucher silencieuse
45 dB (A) Appartement normal
60 dB (A) Conversation normale
70 dB (A) Rue à gros trafic
75 dB (A) Aspirateur
80 dB (A) Aboiements
90 dB (A) Tondeuse à gazon (moteur à essence)
105 dB (A) Niveau sonore maximal autorisé dans les discothèques
120 dB (A) Réacteur d'avion (à quelques mètres), concert de rock en plein air

Aspect juridique du bruit (France)

Le bruit, s'il est excessif et par conséquent dérangeant pour autrui, devient une nuisance sonore pouvant être définie comme un trouble anormal du voisinage. Le trouble anormal du voisinage est reconnu par la jurisprudence comme un abus du droit de propriété définit par l'article 544 du Code civil[4]. Le caractère anormal du trouble est laissé à l'appréciation des juges du fond[5]. Le trouble peut être de plusieurs natures dont sonore, par exemple les bruits divers pouvant provenir d'une habitation (radio, aspirateur, instrument de musique, pas et chocs, etc. ), d'une usine, d'un lieu public (comme un cinéma), ou encore le chant d'un coq[6]. La responsabilité impute au propriétaire ainsi qu'à la totalité des habitants de l'immeuble mis en cause, quel que soit leur statut[7]. Il est envisageable de règlementer la production de bruit chez les particuliers par des arrêtés municipaux en limitant à certains horaires les travaux comme tondre son gazon, utiliser un marteau-piqueur, etc. [8] Cela n'a rien de général cependant.
Une Directive européenne impose aux 25 états membres de faire faire par les grandes collectivités des cartes de bruit.

Protection contre le bruit

Les effets sur la santé

Des effets néfastes

Selon l'INRS[9], le bruit peut affecter les personnes de plusieurs manières :

Des mesures prises pour les travailleurs

L'endroit où les personnes sont le plus exposées au bruit est leur lieu de travail. Depuis 1963, le bruit s'est vu consacré par l'INRS comme cause de maladie professionnelle. Par conséquent, il est concerné par la réglementation du Code du travail sur la prévention des maladies professionnelles (articles L. 4121-1 à L4121-5). Le décret du 19 juillet 2006 n°2006-892 prévoit de traiter le bruit à sa source (fabriquer des machines moins bruyantes) et d'organiser des mesurages pour apporter un équipement adapté le cas échéant aux salariés. Le mesurage peut être demandé par l'employeur, le comité d'hygiène, de sécurité et des conditions de travail, la médecine du travail ou l'inspection du travail. Il peut être réalisé soit par la Caisse régionale d'assurance maladie, soit par un organisme accrédité par le Comité français d'accréditation ou un organisme équivalent européen[11]. Si selon la loi de santé publique une protection sonore est exigée si les salariés sont exposés à plus de 80dB pendant 8 heures, il resterait des progrès à faire dans ce sens car en 2005 en France, 6, 8% des salariés étaient exposés durant de longues durées à plus de 85dB[12].

Le bruit dans les compositions musicales

Origines

Certains musicologues voyaient déjà dans la musique de Janequin au XVIème siècle des connotations de bruit dans les moyens stylistiques qu'il utilisait à l'époque, surtout des onomatopées. Dès cette époque, la musique devient expressive ce qui peut expliquer qu'on ait tenté d'imiter certains bruits naturels (le chant des oiseaux par exemple). Les titres des œuvres de Janequin étaient assez évocateurs (La chasse, La guerre, Les cris de Paris, ... ). La guerre, connue aussi sous le titre La bataille, et qui célèbre peut-être la victoire de François Ier à Marignan en 1515, contribue aussi de façon significative au développement, à travers toute l'Europe, d'un type de musique imitant la marche militaire, le vacarme des armes et les cris des combattants[13].

Dans la musique du XIXe siècle

Selon Denis de Touzé, «Le bruit, dans la musique tonale, est conçu comme l'irruption d'un désordre au sein d'un langage ordonné.». Les notions de chaos, de désordre ou de bruit ont fréquemment été utilisées pour décrire la musique de certains compositeurs comme Beethoven, précurseur du mouvement romantique, Liszt, Schubert, Berlioz ou encore Wagner. «Le châtiment suprême, les affres des enfers vers lesquels des démons diaboliques entraînent les damnés, les flots déchaînés, le tonnerre qui gronde son mécontentement, la foudre implacable qui s'abat dans un éclair destructeur pendant que le vent siffle la terreur : tous ces tumultes et diableries n'ont pas échappé à des mises en musique savoureusement évocatrices de Berlioz, Liszt, Moussorgski, Rimski-Korsakov, Rossini, Saint-Saëns, Tchaïkovski, Wagner...»[14] La tempête sera l'élément le plus utilisé chez les musiciens du XIXème siècle. Beethoven en 1812 composa la symphonie n°6 dite Pastorale dont le mouvement Allegro s'intitule «Orage-Tempête». Il utilisera énormément les cordes graves pour illustrer les bruits sourd de l'orage mais aussi les timbales et les cymbales. De même, Rossini avec la «Tempesta», dernier mouvement de ses Six sonates à quatre voix en 1804. Quelques gouttes de pluie tombent sur le sol puis s'accélèrent avec le vent jusqu'à une tempête, annonciatrice de celle qui, vingt-cinq ans plus tard, servira de décor à son opéra Guillaume Tell. Dernier exemple, Richard Wagner qui, dès les premières mesures de l'opéra «Le vaisseau Fantôme», nous plonge dans l'ambiance de la tempête qui tourmente Le Hollandais volant.

Dans la musique populaire

Nous avons pu le voir dans la musique savante du XIXe siècle, le bruit dans la musique est principalement l'imitation de bruits. On retrouve bien sur cela dans la musique populaire, surtout dans les comptines comme Frère Jacques dans laquelle on imite les cloches («Ding ding dong») ou encore dans Trois jeunes tambour avec précisément l'imitation du tambour («Et ri, et ran, ran-pa-ta-plan»). Avec les nouvelles techniques, les instruments électroniques et surtout la guitare électrique, l'imitation dans la musique populaire se fait plus réaliste : sirène de police grâce au trille, bombe (effet dive bomb), train (dans Hamburger train de Primus par exemple), ... Mais les techniques modernes permettent d'enregistrer et d'intégrer directement des bruits aux compositions. Dans la musique populaire, il illustre fréquemment les paroles, comme dans Money des Pink Floyd où on entend le tintement des pièces et les bruits des machines à sous. Mais il peut aussi être utilisé comme instrument : dans le même morceau des Pink Floyd, le bruit des pièces de monnaie servent de rythmique, et exemple plus flagrant, le groupe les Tambours du Bronx qui utilise des objets comme des bidons pour faire de la musique.

Voir aussi

Bibliographie

Notes et références

  1. Marc Honneger, Science de la musique, paru en 1976
  2. Dictionnaire encyclopédique Quillet, Paris, 1968
  3. http ://www. sante. gouv. fr/htm/dossiers/bruit/bruit. htm#haut
  4. Voir Code civil Dalloz 2008, p.  731, jurisprudence 29.
  5. Dalloz, op.  cit. , p.  732, jurisprudence 34, décision de la troisième chambre civile de la Cour de Cassation du 24 octobre 1990.
  6. Dalloz, op.  cit. , p.  733, jurisprudence 36.
  7. Dalloz, op.  cit. , p.  733-734, jurisprudence 41 et suivantes.
  8. Voir par exemple à ce sujet les arrêtés municipaux de la ville de Strasbourg.
  9. Institut national de recherche et de sécurité pour la prévention des accidents du travail et des maladies professionnelles
  10. http ://www. ffsa. fr/webffsa/portailffsa. nsf/html/mefaitsbruit/file/lesmefaitsdubruit. pdf
  11. Source INRS
  12. Enquête SUMER 2003 utilisée dans le rapport 2007 du ministère de la santé : http ://www. sante. gouv. fr/drees/santepop2007/objectifs/03-obj-16. pdf
  13. Clément Janequin, Marie-Alexis Colin, professeure adjointe de musicologie à l'Université de Montréal, Centre d'études supérieures de la Renaissance Tours, http ://www. culture. fr/sections/regions/aquitaine/articles/clement-janequin-1
  14. http ://opus100. free. fr/fr/romantiques. html

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