Fibre optique

Une fibre optique est un fil en verre ou en plastique particulièrement fin qui a la propriété de conduire la lumière et sert dans les transmissions terrestres et océaniques de données.



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Fibre optique - Instrument optique - Matériel de réseau informatique - Ligne de transmission - Optronique - Électronique

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Définitions :

  • filament de silice capable de guider un rayonnement optique. Permet le transport d'un particulièrement grand nombre d'informations à la vitesse de la lumière. Une seule fibre peut transporter bien plus de données que la majorité des autres supports matériels de transport d'informations.... (source : forumtelecom)
  • La fibre optique sert à transmettre des données numériques à particulièrement haute vitesse. Malheureusement cette technologie n'est pas encore particulièrement développée en France. (source : abonnement-adsl)
  • Est un conducteur utilisé pour transporter des volumes importants de données à grande vitesse. (source : vodolis.typepad)
Fibres optiques

Une fibre optique est un fil en verre ou en plastique particulièrement fin qui a la propriété de conduire la lumière et sert dans les transmissions terrestres et océaniques de données. Elle offre un débit d'informations nettement supérieur à celui des câbles coaxiaux et supporte un réseau «large bande» par lequel peuvent transiter autant la télévision, le téléphone, la visioconférence ou les données informatiques.

Le principe de la fibre optique a été développé dans les années 1970 dans les laboratoires de l'entreprise américaine Corning Glass Works (actuelle Corning Incorporated).

Entourée d'une gaine protectrice, la fibre optique est parfois utilisée pour conduire de la lumière entre deux lieux distants de plusieurs centaines, ou alors milliers, de kilomètres. Le signal lumineux codé par une variation d'intensité est capable de transmettre une grande quantité d'informations. En donnant la possibilité les communications à particulièrement longue distance ainsi qu'à des débits jusqu'alors impossibles, les fibres optiques ont constitué l'un des éléments clef de la révolution des télécommunications optiques. Ses propriétés sont aussi exploitées dans le domaine des capteurs (température, pression, etc. ), dans l'imagerie et dans l'éclairage.

Un nouveau type de fibres optiques, fibres à cristaux photoniques, a aussi été mis au point ces dernières années, permettant des gains significatifs de performances dans le domaine du traitement optique de l'information par des techniques non linéaires, dans l'augmentcation optique ou bien toujours dans la génération de supercontinuums utilisables par exemple dans le diagnostic médical.

Dans les réseaux informatiques du type Ethernet, pour la relier à d'autres équipements, on peut utiliser un émetteur-récepteur.

Historique

Les précurseurs

Illustration provenant d'un article de La nature de 1884 par Jean-Daniel Colladon.

À l'époque des Grecs anciens, le phénomène du transport de la lumière dans des cylindres de verre était déjà connu. Il était, semble-t-il, mis à profit par les artisans du verre pour créer des pièces décoratives. Plus tard, les techniques de fabrication utilisées par les artisans vénitiens de la Renaissance pour fabriquer les «millefiori» ressembleraient énormément aux techniques actuelles de fabrication de la fibre optique. L'utilisation du verre en conjonction avec la lumière n'est par conséquent pas récente.

La première démonstration scientifique du principe de la réflexion totale interne fut faite par les physiciens français Jean-Daniel Colladon et Jacques Babinet à Paris au début des années 1840[1]. L'irlandais John Tyndall répéta l'expérience devant la Société Royale Britannique en 1854. À l´époque, l'idée de courber la trajectoire de la lumière, de quelque façon que ce soit, était révolutionnaire puisque les scientifiques considéraient que la lumière voyageait seulement en ligne droite. Leur démonstration consistait à guider la lumière dans un jet d'eau déversé d'un trou à la base d'un réservoir. En injectant de la lumière dans ce jet, celle-ci suivait bien la courbure du jet d'eau, démontrant ainsi qu'elle pouvait être déviée de sa trajectoire rectiligne. Ils purent de cette manière démontrer le principe qui est à la base de la fibre optique. Par la suite, de nombreuses inventions utilisant le principe de la réflexion totale interne virent le jour ; comme les fontaines lumineuses ou des systèmes servant à transporter la lumière dans des cavités du corps humain.

On doit la première tentative de communication optique à Alexander Graham Bell, réputé pour l'invention du téléphone. En effet, il mit au point, au cours des années 1880, le photophone. Cet appareil permettait de transmettre la lumière sur une distance de 200 mètres. La voix, augmentée par un microphone, faisait vibrer un miroir qui réfléchissait la lumière du soleil. Quelque 200 mètres plus loin, un second miroir captait cette lumière pour activer un cristal de sélénium et reproduire le son voulu. Le récepteur de cet appareil était presque semblable à celui du premier téléphone. Quoiqu'opérationnelle en terrain découvert, cette méthode s'avéra peu utilisée. La pluie, la neige et les obstacles qui empêchaient la transmission du signal condamnèrent cette invention, quoiqu'il considérait lui-même que le photophone était sa plus grande invention, dans la mesure où elle permettait une communication sans fil.

L'avènement

Fibre optique pour réseaux métropolitains

La possibilité de transporter de la lumière le long de fines fibres de verre fut exploitée au cours de la première moitié du XXe siècle. En 1927, Baird et Hansell tentèrent de mettre au point un système d'images de télévision avec fibres. Hansell put faire breveter son invention, mais elle ne fut jamais vraiment utilisée. Quelques années plus tard, en 1930, Heinrich Lamm réussit à transmettre l'image d'un filament de lampe électrique grâce à un assemblage rudimentaire de fibres de quartz. Cependant, il était toujours complexe à cette époque de concevoir que ces fibres de verre puissent trouver une application.

La première application fructueuse de la fibre optique eut lieu au début des années 1950, quand le fibroscope flexible fut découvert par van Heel et Hopkins. Cet appareil permettait la transmission d'une image le long de fibres en verre. Il fut spécifiquement utilisé en endoscopie, pour observer l'intérieur du corps humain, et pour inspecter des soudures dans des réacteurs d'avion. Malheureusement, la transmission ne pouvait pas être faite sur une longue distance étant donnée la piètre qualité des fibres utilisées. En 1957, le fibroscope (endoscope flexible médical) est découvert par Basil Hirschowitz aux États-Unis.

Les télécommunications par fibre optique restèrent impossibles jusqu'à l'invention du laser en 1960. Le laser offrit en effet la possibilité de transmettre un signal sans pertes sur une longue distance. Dans sa publication de 1964, Charles Kao, des Standard Telecommunications Laboratories, décrivit un dispositif de communication à longue distance ainsi qu'à faible perte en mettant à profit l'utilisation conjointe du laser et de la fibre optique. Peu après, soit en 1966, il démontra expérimentalement, avec la collaboration de Georges Hockman, qu'il était envisageable de transporter de l'information sur une longue distance sous forme de lumière grâce à la fibre optique. Cette expérience est fréquemment reconnue comme la première transmission de données par fibre optique.

Cependant, les pertes dans cette fibre optique étaient telles que le signal disparaissait au bout de quelques centimètres, non par perte de lumière, mais parce que les différents chemins de réflexion du signal contre les parois finissaient par en faire perdre la phase. Cela la rendait toujours peu avantageuse comparé au fil de cuivre respectant les traditions. Les pertes de phase entrainées par l'usage d'une fibre de verre homogène formaient le principal obstacle à l'utilisation courante de la fibre optique.

En 1970, trois scientifiques de la compagnie Corning Glass Works de New York, Robert Maurer, Peter Schultz et Donald Keck, produisirent la première fibre optique avec des pertes de phase suffisamment faibles pour être utilisée dans les réseaux de télécommunications (20 décibels par kilomètre ; actuellement la fibre conventionnelle affiche des pertes de moins de 0, 25 décibel par kilomètre pour la longueur d'onde 1 550 nm. utilisée dans les télécommunications). Leur fibre optique était en mesure de transporter 65 000 fois plus d'informations qu'un simple câble de cuivre, ce qui correspondait au rapport des longueurs d'onde utilisées.

Le premier dispositif de communication téléphonique optique fut installé au centre-ville de Chicago en 1977. En France, la DGT a installé la première liaison optique à Paris entre les centraux téléphoniques des Tuileries et Philippe-Auguste. On estime qu'aujourd'hui plus de 80 % des communications à longue distance sont transportées le long de plus de 25 millions de kilomètres de câbles à fibres optiques partout dans le monde.

La fibre optique s'est , dans une première phase (1984 à 2000), limitée à l'interconnexion des centraux téléphoniques, eux-seuls nécessitant de forts débits. Cependant, avec la baisse des coûts entrainée par sa fabrication en masse et les besoins croissants des spécifiques en particulièrement haut débit, on envisage depuis 2005 son arrivée même chez les particuliers[2] : FTTH ( (en) Fiber To The Home), FTTB ( (en) Fiber To The Building), FTTC ( (en) Fiber To The Curb), etc.

Principe de fonctionnement

Principe d'une fibre optique

La fibre optique est un guide d'onde qui exploite les propriétés réfractrices de la lumière. Elle est généralement constituée d'un cœur entouré d'une gaine. Le cœur de la fibre a un indice de réfraction un peu plus élevé (différence de quelques millièmes) que la gaine et peut par conséquent confiner la lumière qui se trouve entièrement réfléchie de multiples fois à l'interface entre les deux matériaux (en raison du phénomène de réflexion totale interne). La totalité est le plus souvent recouvert d'une gaine plastique de protection.

Quand un rayon lumineux entre dans une fibre optique à l'une de ses extrémités avec un angle correct, il subit de multiples réflexions totales internes. Ce rayon se propage alors jusqu'à l'autre extrémité de la fibre optique sans perte, en empruntant un parcours en zigzag. La propagation de la lumière dans la fibre peut se faire avec particulièrement peu de pertes même quand la fibre est courbée.

Une fibre optique est fréquemment décrite selon deux paramètres :

Principe d'une fibre optique à saut d'indice

Il existe plusieurs types de fibre optique. Dans la fibre à saut d'indice, l'indice de réfraction change brutalement entre le cœur et la gaine. Dans la fibre à gradient d'indice, ce changement d'indice est bien plus progressif. Dans les fibres à cristaux photoniques, l'écart d'indice entre les différents matériaux (en général la silice et l'air) est bien plus important. Dans ces conditions, les propriétés physiques du guidage changent sensiblement des fibres à saut d'indice ainsi qu'à gradient d'indice.

Dans le domaine des télécommunications optiques, le matériau privilégié est la silice particulièrement pure car elle présente des pertes optiques particulièrement faibles. Lorsque l'atténuation n'est pas le principal critère de sélection, on peut aussi mettre en œuvre des fibres en matière plastique.

Un câble de fibres optiques contient généralement plusieurs paires de fibres, chaque fibre conduisant un signal dans chaque sens. Quand une fibre optique n'est pas encore alimentée, on parle de fibre optique noire.

Fabrication

Fibre optique de silice

La première étape est la réalisation d'une «préforme» : barreau de silice particulièrement pure, d'un diamètre de plusieurs centimètres. Il existe la plupart de processus pour concevoir une préforme, des internes comme la méthode PCVD (plasma chemical vapor deposition), ou externes comme la méthode VAD (vapor axial deposition) [3]. Le paragraphe suivant décrit la méthode MCVD (modified chemical vapor deposition, dépôt chimique en phase vapeur modifié) qui est la plus utilisée.

Un tube substrat est positionné en rotation horizontale dans un tour verrier. Des gaz sont injectés à l'intérieur et vont se déposer à l'intérieur sous l'effet de la chaleur produite par un chalumeau. Ces gaz vont modifier les propriétés du verre (par exemple l'aluminium permet d'augmenter l'indice). Les couches déposées sont ensuite vitrifiées au passage du chalumeau. Par la suite le tube est chauffée à haute température, et va se refermer sur lui-même pour former la préforme[3].

L'opération de manchonnage permet ensuite de rajouter une couche de silice autour de la préforme pour obtenir le ration cœur/gaine voulue pour la future fibre.

La société ALCATEL a développé une technologie propriétaire APVD (Advanced Plasma and Vapour Deposition) pour remplacer l'opération de manchonnage qui est particulièrement coûteuse. Le procédé APVD (couramment nommé recharge plasma) consiste à faire fondre des grains de quartz naturel particulièrement pur sur la préforme primaire avec un chalumeau plasma inductif. L'association du procédé MCVD et de la recharge plasma pour la fabrication de fibres optiques monomode a fait l'objet d'une publication en 1994 par la société ALCATEL. Le procédé concerné consiste principalement à nourrir le plasma en grains de silice naturels ou synthétiques avec un composé additionnel fluoré ou chloré mélangé à un gaz porteur (Brevet Français n° 2 760 449, Campion Jean-Florent and al). Ce procédé de purification forme l'unique alternative connue rentable aux techniques de dépôt externe [4].

Lors de la seconde étape, la préforme est positionnée en haut d'une tour de fibrage d'une quinzaine de mètre de hauteur. L'extrémité de la préforme est alors dans un four porté à une température voisine de 2 000 °C. Elle est alors transformée en une fibre de plusieurs centaines de kilomètres, à une vitesse de l'ordre du kilomètre par minute. La fibre est ensuite revêtue d'une double couche de résine protectrice (cette couche peut être déposée par la tour de fibrage, juste après l'étirement) avant d'être enroulée sur une bobine. Cette couche est spécifiquement importante pour éviter toute humidité, car la fibre devient cassante sous l'effet de l'eau : l'hydrogène interagit avec la silice, et toute faiblesse ou micro-entaille est augmentée.

Caractéristiques

Les principaux paramètres qui caractérisent les fibres optiques utilisées pour les transmissions sont les suivants :

Atténuation

Année Pertes (dB/km) Longueur d'onde (nm) Entreprise
1970 20 Corning Glass Work
1974 2 - 3 1 060 ATT, Bell Labs
1976 0, 47 1 200
1979 0, 20 1 550 NTT
1986 0, 154 1 550 Sumitomo
2002 0, 1484 1 570 Sumitomo

L'atténuation caractérise l'affaiblissement du signal au cours de la propagation.

Soient P0 et PL les puissances à l'entrée ainsi qu'à la sortie d'une fibre de longueur L. L'atténuation linéaire se traduit alors par une décroissance exponentielle de la puissance selon la longueur de fibre (Loi de Beer-Lambert)  : PL = P0e − αLα est le cœfficient d'atténuation linéaire. On utilise fréquemment le cœfficient αdB exprimé en dB/km et relié à α par αdB = 4, 343α.

Le principal atout des fibres optiques est une atténuation extrêmement faible. L'atténuation va fluctuer suivant la longueur d'onde. La diffusion Rayleigh limite ainsi les performances dans le domaine des courtes longueurs l'onde (domaine du visible et du proche ultraviolet). Un pic d'absorption, dû à la présence de radicaux -OH dans la silice, pourra aussi être observé autour de 1 385 nm[3]. Les progrès les plus récents dans les techniques de fabrication permettent de diminuer ce pic.

Les fibres en silice connaissent un minimum d'atténuation vers 1 550 nm. Cette longueur d'onde du proche infrarouge sera par conséquent privilégiée pour les communications optiques. Actuellement, la maîtrise des procédés de fabrication permet d'atteindre fréquemment une atténuation aussi faible que 0, 2 dB/km à 1 550 nm : après 100 km de propagation, il restera par conséquent toujours 1 % de la puissance originellement injectée dans la fibre, ce qui peut être suffisant pour une détection. Si on désire transmettre l'information sur des milliers de kilomètres, il faudra avoir recours à une réaugmentcation périodique du signal, le d'une façon plus générale par l'intermédiaire d'amplificateurs optiques qui allient simplicité et fiabilité.

Le signal subira des pertes supplémentaires à chaque connexion entre fibres, que ce soit par des traverses ou bien par soudure, cette dernière technique réduisant particulièrement fortement ces pertes.

Dispersion chromatique

La dispersion chromatique est exprimée en ps/ (nm·km) et caractérise l'étalement du signal lié à sa largeur spectrale (deux longueurs d'ondes différentes ne se propagent pas précisément à la même vitesse). Cette dispersion dépend de la longueur d'onde reconnue et résulte de la somme de deux effets : la dispersion propre au matériau, et la dispersion du guide, liée à la forme du profil d'indice. Il est par conséquent envisageable de la minimiser en adaptant le profil. Pour une fibre en silice, le minimum de dispersion se situe vers 1 300-1 310 nm.

Non-linéarité

Article détaillé : Optique non-linéaire.

Un canal de transmission est dit non linéaire quand sa fonction de transfert dépend du signal d'entrée. L'effet Kerr, la diffusion Raman et l'effet Brillouin sont les principales sources de non linéarité dans les fibres optiques. Parmi les conséquences de ces effets non-linéaires, on peut citer l'automodulation de phase, des mélanges à quatre ondes intra- et inter-canaux.

Dispersion modale de polarisation (PMD)

La dispersion modale de polarisation (PMD) est exprimée en ps/km½ et caractérise l'étalement du signal. Ce phénomène est dû à des défauts dans la géométrie des fibres optiques qui entraînent une différence de vitesse de groupe entre les modes se propageant sur différents axes de polarisation de la fibre.

Fibres monomodes et multimodes

Fibres multimodes et monomodes

Les fibres optiques peuvent être classées en deux catégories selon le diamètre de leur cœur et la longueur d'onde utilisée : les fibres monomodes et multimodes.

Les fibres multimodes

Les fibres multimodes, ont été les premières sur le marché. Elles ont pour caractéristiques de transporter plusieurs modes (trajets lumineux). Du fait de la dispersion modale, on constate un étalement temporel du signal proportionnel à la longueur de la fibre. En conséquence, elles sont utilisées seulement pour des bas débits ou de courtes distances. La dispersion modale peut cependant être minimisée (à une longueur d'onde donnée) en réalisant un gradient d'indice dans le cœur de la fibre. Elles sont caractérisées par un diamètre de cœur de plusieurs dizaines à plusieurs centaines de micromètres (les cœurs en multimodes sont de 50 ou 62, 5 µm pour le bas débit). Cependant les fibres les plus récentes, de type OM3, permettent d'atteindre le Gbit/s sur des distances de l'ordre du km. Les longues distances ne peuvent être couvertes que par des fibres optiques monomodes.

Débits et distances en fibre optique

Les fibres monomodes

Pour de plus longues distances et/ou de plus hauts débits, on préfère utiliser des fibres monomodes (dites SMF, pour Single Mode Fiber), qui sont technologiquement plus avancées car plus fines. Leur cœur particulièrement fin n'admet ainsi qu'un mode de propagation, le plus direct envisageable c'est-à-dire dans l'axe de la fibre. Les pertes sont par conséquent minimes (moins de réflexion sur l'interface cœur/gaine) que cela soit pour de très haut débits et de très longues distances. Les fibres monomodes sont par conséquent adaptées pour les lignes intercontinentales (câbles sous-marin). Une fibre monomode n'a pas de dispersion intermodale. Par contre, il existe un autre type de dispersion : la dispersion intramodale. Son origine est la largeur finie du train d'onde d'émission qui implique que l'onde n'est pas strictement monochromatique : l'ensemble des longueurs d'onde ne se propagent pas à la même vitesse dans le guide ce qui induit un élargissement de l'impulsion dans la fibre optique. On l'appelle aussi dispersion chromatique (cf. plus haut «Dispersion chromatique»). Ces fibres monomodes sont caractérisées par un diamètre de cœur d'uniquement quelques micromètres (le cœur monomode est de 9 µm pour le haut débit).

Longueur d'onde de coupure et fréquence normalisée

La longueur d'onde de coupure est la longueur d'onde λc en dessous de laquelle la fibre n'est plus monomode. Ce paramètre est relié à la fréquence normalisée, notée V, qui dépend de la longueur d'onde dans le vide λ0, du rayon de cœur a de la fibre et des indices du cœur nc et de la gaine ng (voir image'Principe d'une fibre optique à saut d'indice'pour les notations). La fréquence normalisée est exprimée par :

V = (2 \pi a \sqrt{n_cˆ2 - n_gˆ2})  / \lambda _0

Une fibre est monomode pour une fréquence normalisée V inférieure à 2.405. Des abaques fournissent la constante de propagation normalisée, notée B, selon la fréquence normalisée pour les premiers modes.

La fréquence normalisée donne une indication directe sur le nombre de modes M qu'une fibre multimode peut contenir via l'approximation ci-contre : M = V2 / 2.

Fibres spéciales

Il est envisageable de rajouter certaines caractéristiques aux fibres :

Applications

Utilisation pour les télécommunications

Article détaillé : Fiber To The Home.
câble sous-marin en fibre optique

La fibre optique grâce aux performances avantageuses qu'elle permet, est utilisée de plus en plus au sein des réseaux de télécommunications. Avec le boum de l'internet et des échanges numériques son utilisation se généralise progressivement jusqu'à venir chez le particulier.

Du fait de leur besoin, les opérateurs et les entreprises ont été les premiers acquéreurs de fibres optiques. Elle est spécifiquement apprécié chez les militaires pour son insensibilité aux IEM (Impulsion électromagnétique) mais également pour sa légèreté.

Il faut cependant distinguer les fibres multimodes et monomodes. Les fibres multimodes sont réservées aux réseaux informatiques à courtes distances (datacenter, entreprises et autres) tandis que les fibres monomodes sont installés pour des réseaux à particulièrement longues distances. Elles sont surtout utilisées dans les câbles sous-marins qui relient une partie des continents. En arrivant dans les habitations via le réseau FTTH, la fibre optique apporte une révolution dans les télécommunications directement aux particuliers.

À la base une fibre optique est un guide-onde. C'est par conséquent l'onde qui se propage dans la fibre optique qui est modulée pour contenir une information. Le signal lumineux est codé en variation d'intensité. Pour les courtes distances, et une optique à bas-coût, une simple DEL peut jouer le rôle de source émettrice alors que sur des réseaux hauts débits ainsi qu'à longue distance, c'est un laser qui est plutôt utilisé.

Utilisation dans les réseaux informatiques

Historiquement, les réseaux informatiques locaux ou LAN, qui permettaient de relier des postes informatiques qui jusque là ne pouvaient pas communiquer entre eux, furent fabriqués avec des câbles réseaux à base de fils de cuivre. Le gros inconvénient de ces câbles est qu'ils sont particulièrement sensibles aux perturbations électromagnétiques en tout genre (ascenseurs, courants forts, émetteurs, ... ). Dans des milieux à forte concentration d'ondes, il devenait par conséquent complexe d'utiliser ce type de câbles même en les protégeant par un blindage. Mais en particulier, inconvénient majeur : le signal électrique qu'ils transportent s'atténue particulièrement rapidement. Si on veut relier deux équipements distants ne serait-ce que de quelques centaines de mètres (pour relier deux bâtiments entre eux par exemple), cela devient compliqué car le signal n'est presque plus perceptible une fois arrivé à l'autre bout du câble.

Sauf cas spécifiques liées surtout à des contraintes électromagnétiques spécifiques, les réseaux locaux (quelques dizaines de mètres) sont le plus souvent réalisés sur du cuivre. Quand la distance entre deux machines augmente, il devient intéréssant d'utiliser une fibre optique. Une fibre optique peut surtout relier deux batiments, ou former un maillon d'un réseau informatique local, régional, continental, ou intercontinental.

La fibre optique fut particulièrement vite introduite dans les réseaux informatiques pour pallier les points faibles des câbles de cuivre. En effet, la lumière qui y circule n'est pas sensible aux perturbations électromagnétiques et elle s'atténue nettement moins vite que le signal électrique transporté sur du cuivre. On peut ainsi aisément relier des équipements distants de plusieurs centaines de mètres, ou alors plusieurs kilomètres. Elle reste efficace dans des environnements perturbés et ce, à des débits au moins dix fois supérieurs aux simples câbles réseaux. Seul inconvénient : son prix quelquefois dissuasif selon le type de fibre choisi.

Dans les réseaux informatiques, --comme avec la paire de cuivre-- les fibres vont toujours par deux : l'interface d'une machine utilise une fibre pour envoyer des données et l'autre fibre pour en recevoir.

Plusieurs types de fibres optiques sont actuellement utilisés dans les réseaux informatiques :

Augmentcation optique

Simple edfa.jpg

Les fibres dopées sont utilisées pour augmenter un signal. On les trouve aussi dans les laser à fibres. Les fibres à double-gaine sont de plus en plus utilisées pour le pompage optique de haute puissance.

Capteurs

Suite à des travaux de recherche dans les années 80, les fibres optiques peuvent être utilisées dans le domaine des capteurs[5] :

Domaine de l'éclairage

Dès les années 1970, la fibre optique fut utilisée dans des luminaires décoratifs à variation de couleur. À partir des années 1990, la fibre optique est utilisée pour véhiculer la lumière sur un trajet de quelques dizaines de centimètres depuis une source vers l'objet à valoriser, permettant d'obtenir des éclairages ponctuels et discrets, pouvant être élégamment intégrés à une vitrine de présentation, et offrant l'avantage de rayonner particulièrement peu d'infrarouge, limitant ainsi le risque d'élévation de température au sein de la vitrine, néfaste aux œuvres d'art.

Médecine

Un type d'endoscope, nommé fibroscope, utilise de la fibre optique pour véhiculer l'image de la zone à explorer jusqu'à l'œil du médecin réalisant l'examen exploratoire.

Notes et références

  1. D. Colladon, “Sur les réflexions d'un rayon de lumière à l'intérieur d'une veine liquide parabolique, ” Comptes Rendus 15, 800 (1842) La fontaine laser (laboratoire de physique des lasers) )
  2. 5.5 millions de nouveaux abonnés à la fibre optique, blog Pixmania
  3. Étude et caractérisation d'une fibre optique augmentcatrice et compensatrice de dispersion chromatique, Julien Maury, Thèse pour obtenir le grade de docteur de l'université de Limoges, 2003 (lire en ligne)
  4. Il a révolutionné la fibre optique, Arts et Métiers Magazine n°317 - mars 2009 lien accès payant
  5. Réseaux de capteurs à fibres optiques, Éditions techniques de l'ingénieur lire en ligne (accès payant sauf l'introduction)

Annexes

Liens externes

Bibliographie

Recherche sur Amazone (livres) :



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