Théorie des bandes
En physique du solide, la théorie des bandes est une modélisation des valeurs d'énergie que peuvent prendre les électrons d'un solide au sein de ce dernier.
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- - Niveaux d'énergie d'un solide - Théorie des bandes. 2-1) Ondes et particules. La théorie quantique associe à chaque électron une onde ayant pour vitesse... (source : physique-eea.ujf-grenoble)
En physique du solide, la théorie des bandes est une modélisation des valeurs d'énergie que peuvent prendre les électrons d'un solide au sein de ce dernier. De façon générale, ces électrons n'ont la possibilité de prendre que des valeurs d'énergie comprises dans certains intervalles, lesquels sont scindés par des "bandes" d'énergie interdites. Cette modélisation conduit à parler de bandes d'énergie ou de structure de bandes.
Selon la façon dont ces bandes sont réparties, il est envisageable d'expliquer au moins schématiquement les différences de comportement électrique entre un isolant, un semi-conducteur et un conducteur.
Généralités
Dans un atome isolé, l'énergie des électrons ne peut posséder que des valeurs discrètes et bien définies. Par contraste, dans le cas d'un électron idéalement libre, elle peut prendre n'importe quelle valeur positive. Dans un solide, la situation est intermédiaire : l'énergie d'un électron peut avoir n'importe quelle valeur au sein de certains intervalles. Cette propriété conduit à dire que le solide possède des bandes d'énergies permises, scindées par des bandes interdites. Cette représentation en bandes d'énergie est une représentation simplifiée et partielle de la densité d'états électroniques. Les électrons du solide se répartissent dans les niveaux d'énergie autorisés ; cette répartition dépend de la température et obéit à la statistique de Fermi-Dirac.
Quand la température du solide tend vers le zéro absolu, deux bandes d'énergie permises jouent un rôle spécifique. La dernière bande totalement remplie est nommée «bande de valence». La bande d'énergie permise qui la suit est nommée «bande de conduction». Elle peut être vide ou partiellement remplie. L'énergie qui sépare la bande de valence de la bande de conduction est nommée le «gap».
Les électrons de la bande de valence contribuent à la cohésion locale du solide (entre atomes voisins) et sont dans des états situés. Ils ne peuvent pas participer aux phénomènes de conduction électrique. À l'inverse, les états de la bande de conduction sont délocalisés. Ce sont ces électrons qui participent à la conduction électronique. Les propriétés électroniques du solide dépendent par conséquent principalement de la répartition des électrons dans ces deux bandes, mais aussi de la valeur du gap : dans le cas des isolants, les deux bandes sont scindées par un gap important. Pour les conducteurs, le gap n'existe pas et la bande de conduction se superpose à une partie de la bande de valence. Les semi-conducteurs possèdent quant à eux un gap suffisamment faible pour que des électrons aient une probabilité non négligeable de le franchir par simple excitation thermique quand la température augmente.
Les bandes de valence et de conduction jouent des rôles semblables à celui des orbitales moléculaires HOMO (highest occupied molecular orbital) et LUMO (lowest unoccupied molecular orbital) dans la théorie des orbitales frontières.
Métal, isolant, semi-conducteur
Selon le remplissage des bandes à T = 0 K
Quand la température tend vers 0, on distingue par conséquent trois cas selon le remplissage des bandes et la valeur du gap.
- Premier cas : la bande de conduction est partiellement remplie. Le solide contient par conséquent des électrons susceptibles de participer aux phénomènes de conduction, il est conducteur.
- Deuxième cas : la bande de conduction est vide et le gap est grand (de l'ordre de 10 eV par exemple). Le solide ne contient alors aucun électron capable de participer à la conduction. Le solide est isolant.
- Troisième cas : la bande de conduction est vide mais le gap est plus faible (de l'ordre de 1 à 2 eV). Le solide est par conséquent isolant à température nulle, mais une élévation de température sert à faire passer des électrons de la bande de valence à la bande de conduction. La conductivité augmente avec la température : c'est la caractéristique d'un semi-conducteur.
Relation avec le niveau de Fermi
L'occupation des différents états d'énergie par les électrons suit la distribution de Fermi-Dirac. Il existe une énergie caractéristique, le niveau de Fermi, qui fixe, quand le matériau est à une température de zéro Kelvin, le niveau d'énergie jusqu'où on trouve les électrons, c'est-à-dire le niveau d'énergie du plus haut niveau occupé. Le niveau de Fermi représente le potentiel chimique du dispositif. Son positionnement dans le diagramme des bandes d'énergie est relié à la façon dont les bandes sont occupées.
- Dans les conducteurs, le niveau de Fermi est dans une bande permise qui est dans ce cas la bande de conduction. Les électrons peuvent alors se déplacer dans le dispositif électronique, et par conséquent circuler d'atomes en atomes.
- Dans les isolants et les semi-conducteurs, le niveau de Fermi est localisé dans la bande interdite qui sépare les bandes de valence et de conduction.
Le gaz d'électrons quasi libres
Dans le cas du gaz d'électrons quasi libres, on considère le potentiel électrostatique périodique créé par les noyaux atomiques comme faible. On le traite comme une perturbation affectant un gaz d'électrons libres. Le traitement de ce problème entre dans le cadre de la théorie des perturbations. On résout par conséquent l'équation de Schrödinger avec le potentiel périodique créé par les noyaux et on trouve les fonctions propres et les énergies propres d'électrons dans le cristal. Ce traitement est approprié dans le cas des métaux nobles, des métaux alcalins et de l'aluminium, par exemple.
La théorie des liaisons fortes
Dans le cadre de la théorie des liaisons fortes, on tente de dériver les propriétés du solide à partir des orbitales atomiques. On part des états électroniques des atomes scindés et on considère la manière dont ils sont modifiés par le voisinage des autres atomes. Les effets à prendre en compte sont surtout l'élargissement des bandes (un état a une énergie discrète dans la limite atomique, mais occupe une bande d'énergie dans le solide) et l'hybridation entre les bandes d'énergies proches.
Voir aussi
Notes et références
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